Certains ont choisi la franchise pour concrétiser ce changement de vie. Mais les chiffres montrent une réalité plus nuancée que celle d'un exode massif des grandes villes.
Le Covid a bien changé les habitudes de mobilité
La crise sanitaire a renforcé l'envie de vivre dans des territoires moins denses. Selon l'Insee, 756 000 personnes ayant déménagé en 2021 se sont installées dans une aire d'attraction des villes moins peuplée que leur précédente aire de résidence. Elles étaient 655 000 en 2019, soit une progression de 15 %.
Les déménagements de l'urbain vers le rural ont également progressé. En 2021, 770 000 personnes ont quitté l'espace urbain pour s'installer dans l'espace rural, contre 685 000 en 2019, soit 85 000 personnes supplémentaires (+12 %). Attention toutefois : trois quarts de ces mobilités concernaient des communes rurales périurbaines, proches des pôles urbains.
Le phénomène ne signifie donc pas que les Français ont massivement quitté les grandes villes pour des villages isolés. Il traduit plutôt un déplacement vers des territoires moins denses, souvent situés dans les couronnes des agglomérations.
2023 confirme l'attractivité des territoires hors métropoles
Les données les plus récentes de l'Insee permettent de prendre du recul sur l'effet Covid. Entre 2013 et 2023, la mobilité résidentielle a globalement diminué en France : 8,8 % de la population a déménagé en 2023, contre 10,8 % dix ans auparavant. La crise sanitaire n'a pas inversé cette tendance, mais elle a contribué à augmenter la distance des déménagements.
Le mouvement vers les territoires moins denses reste néanmoins visible. En 2023, les espaces périurbains ont gagné 6,9 habitants pour 1 000 sous l'effet des mobilités résidentielles. L'Île-de-France affiche, à l'inverse, un impact migratoire moyen de -8,4 habitants pour 1 000 par an entre 2013 et 2023.
Autrement dit, quitter une grande métropole pour une ville moyenne, une périphérie ou un territoire régional est bien une tendance durable. Mais parler d'un départ généralisé vers la campagne serait excessif.
Ils ont transformé leur déménagement en projet professionnel
Pour certains candidats à la franchise, le changement de territoire s'est accompagné d'une véritable reconversion. Le déménagement n'était plus seulement une décision résidentielle : il devenait l'occasion de créer son propre emploi.
Cyprien en est un exemple. Après près de 15 ans dans l'informatique, notamment comme responsable commercial, il décide de changer de voie. En 2021, il choisit la franchise avec L'atelier Papilles. Avec sa famille, il quitte alors Paris pour s'installer dans la région d'Angers. Son projet était double : devenir indépendant et changer de cadre de vie après les confinements.
Le couple Séverine et Sébastien a suivi une trajectoire comparable. Après plus de 15 ans de carrière, principalement dans un grand groupe de télécommunications, ils quittent la région parisienne et le salariat pour créer ensemble une agence aquila RH près d'Annecy. Leur déménagement était associé à un changement professionnel complet et à la volonté de s'installer dans une région qu'ils jugeaient dynamique.
Autre exemple, Laurent, qui quitte la région parisienne avec sa famille pour s'installer à Béziers. Après des difficultés à retrouver un emploi dans sa branche, il envisage la création d'une activité dans l'artisanat et les services. Ne connaissant pas ce nouveau secteur et constatant que la concurrence était déjà implantée, il se tourne vers la franchise Repar'Stores.
Ces parcours révèle un point intéressant. Le territoire n'est pas seulement choisi pour son cadre de vie. Il devient aussi le lieu d'une nouvelle activité professionnelle.
Pourquoi la franchise peut accompagner un changement de région
Changer de région et créer son entreprise simultanément implique de résoudre plusieurs questions : identifier un marché local, comprendre la demande, trouver un emplacement ou un secteur d'intervention, construire son modèle économique et développer une clientèle.
La franchise est une option pour ne pas repartir totalement de zéro lors d'une reconversion. Pour Laurent, le réseau apporte un cadre dans un secteur qu'il ne connaissait pas. Pour Cyprien, la franchise accompagne le changement de métier engagé après son expérience dans l'informatique.
Cela ne signifie pas que toutes les franchises sont adaptées à tous les territoires. Le potentiel dépend notamment de l'activité, de la densité de population, de la concurrence locale et du modèle économique du réseau.
Quitter la métropole pour entreprendre : une tendance réelle, mais pas un phénomène massif
Les chiffres disponibles permettent finalement de dresser un tableau plus précis. Oui, les mobilités vers des territoires moins peuplés ont progressé autour de la période Covid. Oui, l'Île-de-France connaît depuis plusieurs années un solde migratoire résidentiel négatif et les espaces périurbains restent attractifs. Selon le Baromètre des Franciliens 2025, parmi les habitants d’Île-de-France qui envisagent de déménager, la moitié souhaitent quitter la région, et un quart veulent s’installer à la campagne. Cette tendance est motivée par la recherche d’une meilleure qualité de vie, un coût du logement élevé en métropole, et parfois la volonté de se rapprocher de ses origines. Mais tous n'ont pas un nouveau projet professionnel en tête évidemment.
Pour les candidats à la franchise, l'enjeu est donc moins de suivre un hypothétique « exode urbain » que d'identifier un territoire où un concept peut répondre à une demande locale.
Les parcours de Cyprien, de Séverine et Sébastien ou de Laurent montrent surtout une autre réalité : quitter la métropole et entreprendre peuvent faire partie d'un même projet de reconversion.
À retenir
- En 2021, 756 000 personnes ayant déménagé se sont installées dans une aire moins peuplée, contre 655 000 en 2019.
- Les déménagements de l'urbain vers le rural ont progressé de 12 % entre 2019 et 2021.
- En 2023, les espaces périurbains ont encore gagné 6,9 habitants pour 1 000 grâce aux mobilités résidentielles.
- Entre 2013 et 2023, la part de la population ayant déménagé est passée de 10,8 % à 8,8 %.
- Plusieurs franchisés témoignent sur Toute La Franchise d'un changement de région associé à une reconversion et à la création de leur entreprise.
Asma Louati, Point Franchises ©