Marre de votre CDI mais peur de vous lancer ? Voici comment sécuriser votre projet

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La franchise constitue une piste pour les salariés qui souhaitent entreprendre sans devoir construire seuls leur concept, leur offre et leur méthode. Mais avant de poser sa démission, mieux vaut avancer étape par étape.

Avant de partir, vérifiez que l’envie dépasse le ras-le-bol

Premier réflexe : ne pas confondre envie de quitter son entreprise et envie de devenir entrepreneur. Un mauvais manager, une surcharge de travail ou l’impression de tourner en rond peuvent donner envie de partir. Cela ne suffit pas forcément à définir le projet professionnel qui vient ensuite.

Posez-vous donc quelques questions simples : quel quotidien souhaitez-vous réellement ? Quel niveau de responsabilité êtes-vous prêt à assumer ? Êtes-vous prêt à gérer des clients, des fournisseurs, des salariés ou des charges ? Et surtout, avez-vous envie de développer votre propre activité ?

Le témoignage de Julien Bony, publié sur Toute la Franchise, illustre ce déclic. Après plusieurs années en intérim puis en CDI dans l’informatique et l’industrie, il explique : « Le monde du salariat ne me correspondait plus ». Son projet avec Ecolave lui a permis de transformer cette envie de changement en reconversion concrète.

Faites vos comptes avant de faire vos cartons

L'envie ne suffit pas. Avant toute démission, il faut chiffrer le projet : apport personnel, investissement initial, charges, besoins personnels et capacité à supporter les premiers mois d’activité.

La franchise peut apporter un cadre, mais elle ne supprime pas le risque entrepreneurial. Il faut donc étudier le concept, rencontrer le franchiseur, comprendre le modèle économique, analyser le marché local et construire un prévisionnel réaliste.

La question du financement doit également être posée avant le départ. Selon votre situation, plusieurs dispositifs peuvent accompagner une création ou une reprise d’entreprise, notamment l’ARE ou l’ARCE sous conditions.

Ne démissionnez pas avant d’avoir sécurisé votre transition

C’est probablement le point le plus important pour un salarié qui hésite encore : la démission doit être l’une des dernières étapes, pas la première.

Pour certains salariés du privé en CDI, le dispositif Démission-reconversion permet de démissionner dans le cadre d’un projet de création ou de reprise d’entreprise tout en pouvant bénéficier de l’assurance chômage. Il faut notamment justifier de 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois et faire reconnaître le caractère réel et sérieux du projet avant de démissionner.

Le parcours commence notamment par un accompagnement auprès d’un Conseiller en évolution professionnelle, puis par la présentation du projet à Transitions Pro. Une validation favorable permet ensuite de démissionner dans le cadre prévu par le dispositif.

Autre possibilité : négocier une rupture conventionnelle avec son employeur, lorsque celui-ci l'accepte.

La checklist avant de quitter son CDI :

  • Ai-je défini le métier que je veux exercer ?
  • Ai-je vérifié que le modèle économique me convient ?
  • Ai-je calculé mon apport et mes besoins financiers ?
  • Ai-je rencontré plusieurs réseaux ?
  • Ai-je étudié leur accompagnement et leur formation ?
  • Ai-je étudié les dispositifs permettant de sécuriser ma transition ?
  • Ai-je vérifié mes droits avant de démissionner ?
  • Ai-je construit un prévisionnel réaliste ?
  • Ai-je échangé avec des franchisés déjà en activité ?

La franchise peut rassurer sans supprimer le risque

C’est justement sur ce point que la franchise peut intéresser un salarié qui n’ose pas encore se lancer. Entreprendre en franchise ne signifie pas avancer seul. Le réseau fournit généralement un concept, une marque, des méthodes et un accompagnement, avec des modalités qui varient selon les enseignes.

Jean-Marie Pinot, ancien salarié du bâtiment et de l’environnement devenu franchisé Rénovert, résume bien cette recherche de cadre : « Je ne voulais pas partir à l’aventure dans l’inconnu. »

Le témoignage de Rémy Faurre et Julie Dairain, anciens salariés en CDI devenus entrepreneurs avec Vivaservices, va dans le même sens. Ils décrivent leur passage à l’entrepreneuriat comme « un vrai saut dans le vide » et expliquent qu’ils avaient besoin « d’une structure qui nous guide » dans leur réflexion et la création de leur entreprise.

C’est aussi l’un des intérêts de la franchise pour un salarié en reconversion : partir d’un cadre existant tout en devenant chef d’entreprise. La formation et l’accompagnement proposés par le réseau peuvent notamment permettre d’aborder un nouveau secteur sans nécessairement venir du métier.

Vous n’avez pas besoin de démissionner demain

Le meilleur moyen de ne pas avoir peur de quitter son CDI est peut-être de ne pas commencer par quitter son CDI.

Prenez le temps d'explorer plusieurs concepts. Échangez avec des franchiseurs. Parlez avec des franchisés. Étudiez les investissements. Comparez les territoires. Faites vos simulations financières. Informez-vous sur vos droits et les dispositifs de reconversion.

Cette phase de préparation permet de transformer une envie diffuse en véritable projet. Et si, au terme de cette réflexion, la franchise ne correspond pas à vos attentes, vous aurez au moins clarifié votre projet professionnel avant de prendre une décision irréversible.

Comme le montre le parcours de Julien Fraty, ancien salarié pendant 15 ans avant de créer son entreprise avec Autoeasy, le passage à son compte peut être préparé. Il expliquait notamment avoir recherché une franchise « qui tienne la route » parce qu’il ne se sentait pas de se lancer seul, avant de rechercher l’appui d’une banque et les aides à la création.

Quitter son CDI n’est donc pas nécessairement un saut dans le vide. C’est un changement qui mérite d’être préparé, chiffré et accompagné.